Le syndrome de l’imposteur : un formidable atout pour un freelance ? – Light Agency

J’ai mis longtemps à m’épanouir professionnellement et donc personnellement, car j’éprouvais perpétuellement ce sentiment de n’être à ma place nulle part. Cela allait, dans mon cas, beaucoup plus loin, puisque j’étais persuadée au plus profond de moi de valoir moins que mon frère, ma sœur, mes camarades de classe, puis par la suite que mes collègues. Ce syndrome, soyons honnête, a littéralement « pourri » mon existence. Toutefois, beaucoup d’autres personnes sont confrontés à ce dernier, vivent dans le doute ou ne parviennent pas à s’approprier leur réussite.

Savez-vous cependant qu’il est tout à fait possible de transformer ce sentiment destructeur en force et en puissant moteur de réussite ? Vous ne savez pas comment faire ? Par où débuter ? Pourquoi ne pas poursuivre votre lecture ? Peut-être ces quelques conseils parviendront-ils à vous apaiser ou mieux à changer la vision que vous avez de vous !

Le syndrome de l’imposteur : qu’est-ce que c’est au juste ?

Il s’agit en définitive d’une vision totalement erronée que l’on a de ses compétences. C’est un sentiment que l’on auto-entretient, qui conduit à douter de ses réussites, à ne pas se sentir légitime dans le poste et dans les missions qui nous sont confiés. Une personne en prise avec le syndrome de l’imposteur, appelé par ailleurs syndrome de l’autodidacte, se débat chaque jour avec l’estime qu’elle a d’elle-même. Très clairement, cette dernière, doute de ses capacités en permanence et de ce fait, se trouve à se comparer en permanence aux autres. Bien trop souvent, elle a une vision noire et complètement tronquée de ses succès, de ses qualités et de sa valeur. Cela conduit malheureusement fréquemment à minimiser les compliments que l’on reçoit, à se persuader que si l’on a réussi, c’est un coup de chance et que tôt ou tard, cela prendra fin.

Personnellement, ce qui était le plus dire à supporter pour moi, c’était ce stress vécu au quotidien. Je vivais perpétuellement dans la peur d’être découverte, démasquée par mes pairs, ma hiérarchie. Les résultats de mon travail étaient pourtant là et auraient dû pouvoir me rassurer. J’étais toutefois tellement persuadée que « j’étais parvenue à duper le recruteur », puis par la suite mon N+1, que je m’enfermais dans ce cercle infernal

Il faut garder à l’esprit que ce trouble est une véritable souffrance pour celui qui y est confronté. Se voir comme le « vilain petit canard » d’une famille, d’une entreprise, c’est destructeur et on n’en guérit pas comme cela. Puis, surtout, il n’est pas rare que ce complexe d’imposture entraine un sabotage professionnel, de la dépression à un stade plus ou moins important ou encore un burn-out.

En quoi le syndrome de l’imposteur permet-il d’être brillant en tant que freelance ?

Cela peut paraître une question très surprenante. Comment un syndrome qui enferme une personne dans le doute, peut-il donner la possibilité de devenir « un beau cygne » ? Simplement parce qu’en pensant que l’on va être démasqué, on est obligé de mettre en place des « stratégies de défense ». Ainsi, cela peut passer par exemple par :

  • une survérification de son travail. Au final, quel client ou supérieur ne rêverait pas de se voir délivrer des comptes-rendus, des tableurs, des dossiers exempts de toutes erreurs ? Attention toutefois à savoir lâcher prise pour ne pas tomber dans l’épuisement. Il faut accepter que tout ne puisse pas être parfait et surtout d’avoir comme tout à chacun le droit à l’erreur. Après tout, n’est-ce pas cette dernière qui permet de progresser dans son cœur de métier ou la vie de tous les jours ?
  • un très grand perfectionnisme. Le fait de douter de ses compétences pousse une personne à ne rien lâcher, à faire une veille perpétuelle des sources, des procédures offrant un rendu d’une très grande qualité. Là encore, cela peut être un grand atout. Cependant, il faut veiller à savoir s’arrêter et passer à autre chose. Trop de perfectionnisme peut entrainer une incapacité à livrer en temps et en heure, car on a toujours « besoin » de reprendre quelque chose. Il faut donc fixer une date butoir et s’y tenir quoi qu’il arrive ;
  • une grande capacité de travail. Dans la mesure où l’on estime ne pas mériter les fonctions qui sont les nôtres ou encore les responsabilités confiées, on est, dans certains cas, poussé à accepter toutes les tâches demandées, à déployer une très grande organisation. Ces stratégies, la plupart du temps, sont mises en place pour se déculpabiliser et se rassurer (un peu). En en faisant beaucoup, il est possible d’avoir l’impression d’être réellement utile, peut-être un peu « indispensable ». Faites de cette mauvaise perception de vous, un atout ! Tout réside dans « la mesure ». Ne pas compter ses heures est une vraie force. Il s’agit là d’une compétence que les entreprises ou les clients s’arrache ! Il faut toutefois être en mesure de se garder du temps pour décompresser, profiter de sa famille ou tout simplement pour faire autre chose.

Comment parvenir à ne pas sombrer quand le syndrome de l’imposteur vous assaille ?

Il faut savoir faire preuve d’honnêteté ! On se défait difficilement de ce trouble, surtout lorsqu’il nous habite depuis longtemps. Bien souvent, le recours à un thérapeute est un passage obligé. Personnellement, je pense en souffrir depuis que je suis toute petite. Il m’a fallu longtemps pour parvenir néanmoins à mettre un nom dessus. Auparavant, j’étais « la fille bizarre », « celle qui était juste en décalage avec les autres », « la personne qui ne méritait pas d’être là ». Pouvoir identifier ce mécanisme psychologique, m’a permis de ne pas sombrer et surtout de me rendre compte que je n’étais pas toute seule. Saviez-vous en effet que 70 % de la population mondiale « vivra » un jour cette expérience de l’imposture ? Je ne sais pas vous, mais moi, me rendre compte que je ne suis pas la seule à dysfonctionner m’a été d’une aide précieuse. Cela m’a procuré la force, de parvenir parfois à me réconcilier avec l’estime de moi. Comment ? Cette réconciliation a pu se faire grâce :

  • à une demande de feedback objectif et argumenté lorsque mon travail n’était pas entièrement satisfaisant… mais surtout quand il était « jugé » comme méritant. Cette technique m’offre la possibilité de m’appuyer sur des données concrètes, Cela me permet ainsi d’évacuer les angoisses d’une réussite imméritée ;
  • accepter d’être faillible, de ne pas être parfait. Il faut absolument parvenir à se défaire de ses fausses croyances. La perfection n’existe pas. Tout le monde commet des erreurs et y a droit. Ce déclic m’est venu lors de mon dernier poste en entreprise, le jour où une collègue (qui ne m’aimait franchement pas) s’est permise en réunion de dire « Hélène, pour moi, tu es incompétente ». Cette phrase qui a eu chez moi l’effet d’une gifle, m’a permis un sursaut d’orgueil. J’ai refusé d’accepter cette fois-ci, comme vraie, cette critique et je lui ai signifié. Je n’étais sans doute pas la meilleure à ce poste, mais au moins, j’étais là, je faisais le job, je mettais en place des actions alors que rien n’avait été fait jusqu’à présent ;
  • en arrêtant d’interpréter les gestes, les regards et… les silences des autres. Il est vrai que le monde de l’entreprise est le reflet de notre société. Par conséquent, la malveillance, les critiques gratuites, la jalousie ou encore la manipulation y sont monnaies courantes, cependant, cela ne vient pas forcément de vous. Vous percevez un regard comme un jugement ? Pourquoi ne pas directement en avoir le cœur net auprès de la personne ? Dans tous les cas, vous en sortirez grandit ! Si votre perception était fondée, vous pourrez débriefer avec cette dernière et vous rendre compte par vous-même si elle se base sur du factuel ou non. Dans le cas où vous avez mal interprété « le regard de l’autre », vous aurez appris une bonne leçon et un poids vous sera ôté ;
  • au fait de ne jamais vous comparer aux autres. Bien souvent, on estime que la comparaison permet de sortir de sa zone de confort, de se dépasser pour être meilleur que son frère, sa meilleure amie… Cela est peut-être valable pour des personnes qui sont bien dans leurs baskets. Néanmoins, quelqu’un vivant avec le syndrome de l’imposteur n’est pas en capacité de faire la part des choses. La seule chose qu’il retiendra est qu’il n’est pas à la hauteur. Je suis intimement persuadée que chaque individu possède un talent, un domaine dans lequel il excelle ou s’épanouit. Appuyez-vous là-dessus et cessez de vouloir être en compétition ;
  • A l’application du 1er accord de Toltèques : « Que votre parole soit impeccable ! ». Apprenez à avoir une vision positive de vous. Défaites-vous du poids des paroles des autres. Une collègue vous a dit que vous étiez incompétente ? Et ? Posez-vous les bonnes questions ! Cette dernière a le droit de penser et de dire une telle chose (même si le silence est d’or). Cependant, est-ce que cela en fait pour autant une vérité ? Pourquoi la parole de votre collègue aurait-elle plus de valeur que la vôtre ?

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